La pilule masculine presque à portée de main ?
Une nouvelle molécule, nommée JQ1, pourrait être l’avenir
de la contraception masculine. Ce composé utilisé dans le traitement
contre le cancer a rendu infertiles des souris mâles sans effet
secondaire notoire… à part une diminution du volume testiculaire.
La pilule masculine sera-t-elle prescrite dans quelques années ?
Hommes et femmes ne sont décidément pas tout à fait égaux. Car si
la pilule contraceptive féminine existe depuis 1956, l’homologue
masculin n’est encore qu’une idée dans l’esprit des scientifiques. Pas
de quoi les taxer de sexistes, ils sont juste limités par des physiologiques.
Pourtant, les tentatives ne manquent pas. Un traite
considérations ment à base de
plusieurs hormones passe l’épreuve du feu en étant testé par des
volontaires lors d’un essai clinique. Même s’il se révélait efficace,
son utilisation à grande échelle parait peu probable. D’autres molécules
ont été éprouvées, mais les effets secondaires sur la santé et la
fertilité qu’elles engendraient ont contraint les laboratoires à ne pas
insister davantage.
Et voilà qu’une nouvelle solution pointe à l’horizon. Son nom : JQ1.
Ce composé d’abord utilisé dans la lutte contre le cancer vient de
démontrer dans la revue Cell tout l’intérêt qu’il représente
dans la mise au point d’une contraception masculine efficace, en
bloquant la spermatogenèse, le processus de fabrication
des spermatozoïdes.
JQ1, la pilule de demain ?
Pas de cobayes humains dans cette expérience, mais des souris mâles
ont reçu par injection la molécule infertilisante. Très vite, la
production de gamètes a drastiquement chuté. Les quelques cellules
sexuelles qui restaient en vie n’avaient pas leur mobilité normale.
La fécondation d’une femelle est donc impossible.


La majorité des hommes se disent prêts à prendre la pilule
contraceptive. Ils sont beaucoup moins nombreux à apprécier l’idée de
sortir la poubelle ou demander son chemin à quelqu’un. Ont-il si peur
que ça des enfants ? © Sirer,StockFreeImages.com
Lors du traitement, aucun effet secondaire sur la santé
des rongeurs n’a été noté et la libido n’a pas non plus été affectée.
Seul hic pourtant sans conséquence : la réduction du volume
testiculaire. À l’arrêt des injections, les mâles ont connu le
même succès reproducteur, preuve de la réversibilité du traitement, et
les descendants n’ont manifesté aucun problème de santé ni quelconque
malformation.
JQ1 inhibe l’activité d’une protéine uniquement retrouvée dans
le testicule, nommée BDRT, en ciblant une région particulière. Cette
molécule contribue en temps normal au remodelage de l’ADN nucléaire dans
les derniers stades de la spermatogenèse et joue un rôle fondamental.
On connaissait au préalable son pouvoir stérilisant puisque des
individus porteurs de mutations dans le gène Bdrt ne produisaient pas de spermatozoïdes.
Les hommes se disent prêts à prendre la pilule
La communauté scientifique s’accorde pour dire que cette découverte, émanant de chercheurs du Baylor College of Medicine (Houston) et duDana-Farber Cancer Institute (Boston),
est de taille. Il s’agit du premier contraceptif efficace qui n’affecte
pas les taux d’hormones sexuelles. Même si dans l’expérience, JQ1 a été
administré par voie sanguine, les auteurs affirment qu’une version
orale, fournie dans une pilule, est tout à fait concevable.
En attendant, la molécule n’est pas encore prête à être testée chez
l’homme. Avant cela, ces mêmes scientifiques espèrent trouver un dérivé
de JQ1 encore plus spécifique pour une meilleure efficacité. Un
médicament qui devra très probablement supprimer le seul effet
secondaire remarqué, car si 70 % des hommes ont reconnu dans une étude
récente être prêts à prendre la pilule si celle-ci venait à être
commercialisée, accepteront-ils de voir leur virilité mise à mal ?
Source: notremonde.net